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Résident ou non-résident fiscal en Espagne ? Le guide complet 2026

Résident ou non-résident fiscal en Espagne ? Les 3 critères, la règle des 183 jours, l'IRPF vs l'IRNR, les taux 19/24 %, le Modelo 210 et les pièges à éviter.

C'est la première question fiscale que se pose tout Français propriétaire (ou futur propriétaire) d'un bien en Espagne, et c'est aussi celle où l'on se trompe le plus. La conviction de « se sentir français » ne change rien : en Espagne, la résidence fiscale ne se choisit pas, elle se déclenche dès que vous remplissez un seul de trois critères. Et l'enjeu est de taille : un résident fiscal espagnol est imposé sur ses revenus mondiaux, là où un non-résident ne paie l'impôt que sur ses revenus de source espagnole. Ce guide vous explique précisément comment se trace la frontière, quels impôts s'appliquent dans chaque cas, quels sont les taux réels, et les pièges qui coûtent cher.

Les 3 critères de résidence fiscale : un seul suffit

L'administration espagnole (Agencia Tributaria) considère que vous êtes résident fiscal en Espagne dès lors que l'un de ces trois critères est rempli sur l'année civile (1er janvier - 31 décembre) :

  1. Plus de 183 jours sur le territoire espagnol dans l'année. Les séjours n'ont pas besoin d'être continus : on additionne tous les jours. Pire, les absences sporadiques (vacances, allers-retours) sont elles aussi comptées comme du temps passé en Espagne, sauf si vous prouvez votre résidence fiscale dans un autre pays.
  2. Le centre de vos intérêts économiques se trouve en Espagne : le noyau ou la base principale de vos activités professionnelles ou de votre patrimoine y est localisé.
  3. Votre conjoint non séparé et/ou vos enfants mineurs résident habituellement en Espagne. C'est une présomption : avoir sa famille proche installée en Espagne suffit à vous présumer résident, même si vous y passez peu de temps. La présomption est réfragable, mais c'est à vous d'apporter la preuve contraire.

Comment se comptent réellement les 183 jours ?

C'est plus strict qu'on ne l'imagine. Selon la jurisprudence du Tribunal Supremo et du TEAC, toute journée de présence physique compte, même partielle : pas besoin d'y passer la nuit, pas de minimum d'heures. Une journée d'arrivée et une journée de départ sont des journées de présence. Et tant que vous ne produisez pas de certificat de résidence fiscale d'un autre État, vos voyages et vacances depuis l'Espagne continuent d'être comptabilisés comme du temps « espagnol ». Autrement dit, sans preuve, le décompte joue mécaniquement contre vous.

Résident vs non-résident : deux mondes fiscaux différents

Résident fiscal, IRPF

  • Imposé sur ses revenus mondiaux au barème progressif (IRPF).
  • Doit déclarer ses avoirs à l'étranger via le Modelo 720 dès qu'un bloc d'actifs hors Espagne dépasse 50 000 €.
  • Concerné par l'impôt sur la fortune (Patrimonio) au-delà des abattements.

Non-résident, IRNR

  • Imposé uniquement sur les revenus de source espagnole (IRNR, Modelo 210).
  • Pour une résidence secondaire non louée : un revenu imputé annuel.
  • Aucune obligation de Modelo 720.

Pour le propriétaire francophone classique d'une résidence secondaire qui garde sa vie en France, le bon statut est non-résident. Encore faut-il le rester… et pouvoir le prouver.

Le cas le plus fréquent : le non-résident propriétaire

Même si vous ne louez jamais votre bien et que vous n'en tirez aucun euro, le simple fait de le posséder crée un revenu fictif imposable chaque année, appelé renta imputada (revenu imputé). C'est l'un des pièges les plus méconnus des Français : on croit ne rien devoir, et la dette fiscale s'accumule silencieusement.

  • Base imposable = 1,1 % de la valeur cadastrale si celle-ci a été révisée dans les 10 dernières années ; 2 % sinon.
  • Taux IRNR appliqué sur cette base : 19 % pour les résidents de l'UE/EEE (France, Islande, Norvège, Liechtenstein), 24 % pour le reste du monde.

La différence UE / hors-UE ne se limite pas au taux. Pour les revenus locatifs, un résident UE/EEE peut déduire ses charges (IBI, assurance, entretien, intérêts d'emprunt, etc.) et n'est imposé que sur le bénéfice net. Un non-résident hors UE ne déduit rien et paie 24 % sur le loyer brut, un écart de coût considérable. C'est exactement ce qui a frappé les propriétaires britanniques après le Brexit.

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